Samedi 21 novembre 2009
2008, dans mon petit appartement de Bretagne...

Il est environ 5H00 du matin. Les rêves défilent, je suis au chaud sous une couette énorme. Il arrive parfois que j' émerge en pleine nuit, a demi conscient mais la tête dans les étoiles. Cette nuit-là, au moment ou j'émerge, je détecte une légère odeur de brûlé. Cela aurait du m' alerter, mais je me suis laissé retomber dans un sommeil profond avec pour seul pensée cohérente: "génial, ça sent encore l' encens"...

Je ne me souviens pas de ce que j' ai pus rêver cette nuit là, mais je me rappel bien avoir "grogné" en entendant ma chienne aboyer. Les aboiements se font de plus en plus agressifs pendant que je me sens repartir dans l' inconscience. Mais soudain, je perçois des bruits sourds provenant de mon salon. On frappe à la porte.  Je décolle mes yeux péniblement. Je me sens tout engourdis, mais je parviens à m' asseoir sur le bord de mon lit. 

Il arrivait parfois que mon voisin, un type un peu paumé, vienne frapper à ma porte pour demander un paquet de pattes ou un peu de viande. C' est donc en enfilant un jean et mes rangers que je lâche pour moi: "il à intérêt à avoir une putain de bonne raison de me réveiller à cette heure!!". En y repensant, je ne sais toujours pas pourquoi j' ai enfilé mes rangers cette nuit là. L' habitude, peut être... Toujours est il que je sens encore cette forte odeur d' encens. Je ne vois pas clair, les yeux encore endormis. J' enferme ma chienne dans ma chambre afin d' éviter qu' elle ne se jette à la gorge de mon voisin, puis me dirige vers la porte. Arrivé là, je demande tout de même: "c' est qui?".

Grand silence. J' approche mon visage de la porte, puis entend soudain une voix étouffée et aigue: "VITE VITE VITE, OUVREZ LA PORTE". Je ne connais pas cette voix. Cette seule réflexion suffit à me réveiller pour de bon, prêt à bondir ou à faire n' importe quoi. Je suis méfiant! Je ne réponds pas mais la voix derrière se fait toujours aussi pressente. Je fais deux pas en arrière et saisis un couteau de cuisine que je cache derrière mon dos. De l' autre main, je m' apprête à ouvrir à la volée. Avant de m' exécuter, je réalise que malgré que je sois totalement réveillé, malgré que je sois dans un de ces états qui me rend hyper sensible à ce qui m' entoure, ma vue est toujours plus ou moins floue. Et je sens une petite faiblesse au niveau des poumons. Je ne comprends toujours pas ce qui se passe mais j' ouvre la porte, la chair de poule sur les bras, stimulé par l' adrénaline.

Mon voisin. Il est là, en caleçon sur mon palier. Je détail cet homme de trente ans à peine, un peu plus petit que moi, un bide qu' il aura du mal à perdre, des poils qui fourmillent sur son torse. Je l' aurais sans doute envoyé baladé si je n' avais pas vu la panique sur son visage. J' ai une mauvaise intuition. Je lui demande "qu' est ce qui se passe?". Je n' ai pas eu besoin d' entendre sa réponse pour comprendre soudain. Une fumée noirs avait envahis tout le couloir.

Je lui crie: "bouge pas!". Je cours ouvrir à ma chienne, je lui mets sa laisse, prends mon portable  qui traîne sur la table basse. Je sors de mon appartement et passe devant mon voisin pour ouvrir la marche dans les escaliers. Je sens la fumée pénétrer mes poumons à chacune de mes inspirations. Je sens poindre la panique. Le seul remède que j' ai à ces moments là est la réflexion. Tout en descendant les escaliers je fige la situation dans ma tête et imagine toutes les possibilités pour me sortir de là, que faire, ou aller... Tout en devant anticiper les éventuelles réactions de panique de mon voisin. Mais ma réflexion est de courte durée. Je me trouve au dernier étage d' un vieil immeuble en feu pourvu d' une seule et unique sortie. Je ne sais pas encore d' ou vient la fumée, mais je n' ai qu' une idée: sortir mon voisin et ma chienne. Nous dévalons donc les escaliers. La panique, la suffocation me donnent des sueurs, bien plus que la chalheur en elle même.

Arrivés en bas, j ouvre la porte du couloir, et là... C' est l' effroi. C' est de là que viennent les flammes. Tout le sol de ce couloir est en feu, alimenté par des détritus, des poubelles, du carton... Autant de merdes qui bloquent la porte de l' intérieur. Pour la première fois de ma vie, ma tête est martelée par cette pensée: on est foutu. On est TOUS morts. Mon voisin pousse un cri éttouffé. J' ai chaud, j' ai la tête qui tourne, je n' ai presque plus de souffle.Détail purement technique, lorsqu' il y a un incendie dans un endroit clos comme celui ou je me trouvait, les flammes bouffent tout l' oxygène environnant. C' est comme se noyer alors qu' on est bien au sec... C 'est une sensation.... extrêmement désagréable, car à ces moments là, vous êtes complètement impuissant. Vous ne pouvez pas, comme à la piscine, remonter à la surface et "boire" l'air frais!


Je suis donc là, coincé, piégé... Le manque d' oxygène est insoutenable. Je serais prêt à tout pour respirer à nouveau, quitte à me jeter par la fenêtre s' il le fallait. Il faut que je me ressaisisse. Je délire sous le coup de la panique. Je me sens affaiblit, térrorisé par ce feu, je ne veux pas devenir une "torche humaine". Je refuse. Puis viens l' impulsion mêlée à la révolte. Je ne PEUX pas mourir. Je détail à nouveau le couloir. Les sacs poubelles enflammés d' ou sort un mélange d' odeurs immondes. Je tourne les yeux vers ma chienne qui semble comme abasourdie, puis fonce vers la porte. Je donne de vifs coups de pieds dans les poubelles en feu, j' écarte les débris du bout de mes rangers. J' arrive à me frayer un chemin, tout doucement. Depuis que mes yeux se sont ouverts quelques minutes plus tôt, je sens poindre un bout d' espoir. J' arrive enfin à la porte. Il s' agit d' une de ces portes avec une sécurité, ce doit être un système d' aimant qui permet d' ouvrir avec un passe. Sauf de l' intérieur ou il suffit juste de presser sur la poignée. Sauf que là, la porte ne s' ouvre pas. Je sens les larmes me venir aux yeux. Je vois les flammes près de moi qui lèchent les murs en plaintes de bois. Des débris bloquent la porte. Je suis tout près de la sortie. A 20 centimètres à peine... Je ne veux pas crever comme ça. Pas si près du but. Je fais un pas en arrière tout en écartant toujours du bout de mes rangers les poubelles. en feu, puis de tout mon élan, de toutes mes forces, je donne un coup de pieds dans la porte. Celle ci à semblé trembler sous le coup, mais elle est toujours debout. Je me jette à nouveau dessus en donnant un deuxième coup de pied, un troisième... La rage les flammes, la peur de mourir, les larmes... Ma tete tourne, et dans un dernier élan, j' envoie ma jambe en arrière pour donner un maximum de puissance dans mon coup. CRAC!!!

Je n' y crois pas. La porte est entre ouverte. Fracassée, mais bel et bien ouverte. Je fais signe à mon voisin qui tient ma chienne en laisse, d' avancer. Quand j' y repense je me dis qu' il à dut se bruler les pieds, mais à ces moments là, la douleur est... un facteur presque dérisoire.

Pliés en deux, crachant, presque vomissant cette fumée immonde nous savourons cet air frais du matin. Mon cerveau embrouillé par la panique "redémarre". Je saisis mon portable puis compose le 18. Je laisse un bref message à l' opérateur avant de jeter mon téléphone dans les mains de mon voisin. Je prends ma chienne, l' attache à la poignée de porte du magasin juste à coté, puis replonge dans l' entrée. Je dois remonter la haut, absolument. Parce que même si la terreur m' a poussé vers l' exterieur, je sais qu' il y a au moins deux jeunes filles qui vivent en dessous de chez moi. 

Je grimpe les escaliers quatre à quatre, tout en prenant soin d' écourter la fréquence de ma respiration afin de ne pas inspirer de trop longues bouffées de fumée toxique. Arrivé sur le palier de mes voisines, je donne des claques puis des coups de poing sur leur porte. J' ai envie de hurler qu' il y a le feu, mais je suis incapable de parler. Je peux déjà à peine respirer avec toute cette fumée... Mais je frappe, encore et encore, avec insistance. Je m' apprête à défoncer cette foutue porte à coup de pied, quand enfin celle ci s' ouvre brusquement sur les deux voisines, deux jeune filles de vingt ans, en petite tenue, toutes paniquées. La situation m' aurait fait sourire si elle n' avait pas été ce qu' elle était. Heureusement, elles comprennent vite le danger, et me suivent dans les escaliers. Je vois l' une d' elle pleurer de panique. Je lui attrape l' avant bras, fermement. Comme pour lui dire: "suis-moi, ça va aller". Mais plus nous descendons, plus je me sens mal. Ma tete tourne. Je me sens comme dans du coton. Ma respiration consiste en de furieux toussotements. Et à chacun de ces toussotements, d' avantage de fumée entre dans mon corps. Je réalise que je vais perdre connaissance. Et je ne crois pas que les deux filles arriverons à porter 85 kilos de viande endormie jusque dehors. Cette simple idée me donne un coup de fouet aux fesses vers la sortie. Je suis en apnée. J' ai chaud. J' ai mal aux poumons, à la poitrine. J' ai la tete qui tourne. Je sens mon coeur qui cogne, n' attendant que de sortir pour avoir de l' air pur. Dernier nuage de fumée avant la sortie. Ca tombe bien, car j' ai déjà un pied dans la tombe. Je me précipite vers la sortie, mais soudain un problème. L' une d' elle est pieds nus, et est immobilisée derrière le feu qui ronge le sol. 

Ma conscience hurle derrière cette barrière de panique que je m' efforce de controler:" mais c' est pas vrai!!!".
J' entreprends donc de la porter, maladroitement, jusqu' à la sortie. En période de vacances, il n' y à personne d' autre dans l' immeuble. Nous sommes donc tous là, sains et saufs. Les pompiers sont là, ils maitrisent le feu. Je suis assis, cherchant mon souffle, crachant, presque vomissant... Je sens que je suis tout rouge, les larmes aux yeux. J' ai mal à la tete, aux poumons... je me demande comment la situation à pus merder en l' espace de 10 minutes. Il n' a pas fallu longtemps pour comprendre que le feu était d' origine criminel. Mais on a jamais trouvé qui avait fait ça. Il s' en était fallut de peu pour qu' on meurt tous pendant notre sommeil. 

Les pompiers me demandent si je veux aller à l' hopital. Au plus mal, mais vivant, je réponds que non, ça va aller. Au même moment, des collègues de mon commissariat arrivent et commencent à interroger les jeunes filles. L' une des deux voisines se tourne vers moi et me lance, triste: "Quand vous tapiez contre notre porte, vous auriez pus crier "au feu", on serait sortis plus vite!". A ce moment là, en plus d' un bon bain, je n' eu qu' une envie: lui retourner une paire de claque en lui hurlant: "et comment tu veux crier avec les poumons remplis de fumée, connasse!!!!!!". Ce que je ne fis pas bien sur, me contentant d' un simple haussement de sourcil, hébété et fatigué. J' ai gardé une gêne au niveau de la poitrine pendant plusieurs jours, mais je suis allé au boulot des le lendemain. Arrivé la bas, on m' a demandé de faire un rapport sur cette nuit- là.  J' ai appris plus tard que si j' avais accepté d' aller à l' hopital quand le pompier me l' a proposé, on m' aurait donné le grade de gardien direct, "grace" à cette blessure en service (et oui car à partir du moment ou on intervient, peut importe l heure du jour ou de la nuit, on est en service). Bref, quand j' ai su ça, j' ai dit humblement: "oh, je n' ai pas fait ça pour ça tu sais...". Mais là, bien au fond de moi et de ma petite personne, qu' est ce que j' avais les boules!!!












 
Par NEMESIS - Communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 22 octobre 2009

 

Quelque part en Bretagne, quelques mois plus tot...

Ma Brigade est séparée en deux. Une partie reste au poste, l' autre s' en va en patrouille. Puis vice versa à partir de la moitié du service. Ce jour là, je commence donc ma journée à l' accueil. Je reçois monsieur et madame tout le monde, pour une plainte, une main courante, un objet trouvé, une perte de document d' identité... Bref, cette première partie de l' après midi est au plus calme pour moi. J' èspère au fond de moi que les choses seront différentes en patrouille!

16H00. Fin de ma vacation au poste, je prépare donc mon matériel. Ethylotest, chasubles, gazeuses, tonfa, procédure accident... Mon véhicule est prêt. L' ambiance est au beau fixe, rythmée par un fond de radio qui nous déverse le son de discobitch avec ces fameuses paroles "c' est beau la petite bourgeoisie qui boiiiiiiit du chammmmpagne!"... Ma collègue, que je nommerai Jennifer, chante joyeusement avec de drôles de mimiques les paroles de ce morceau que j' ai appris à ne presque plus détester :) Je ne peux m' empêcher de rire. La patrouille s' annonce... bruyante!

Quelques minutes plus tard, notre station directrice nous envoie sur une mission devenue banale, une découverte de cadavre. Une infirmière aurait découvert le corps sans vie de son patient, à domicile. Nous  rendons donc sur les lieux. L' ambiance dans notre véhicule est devenu soudain plus calme, sans tension particulière, mais pour ma part je me prépare à ce que je vais voir, à ce que nous allons faire... Je suis plutôt serein dans ce genre de situation. Nous roulons donc tranquillement, inutile de provoquer un accident de la route pour une personne déjà décédée. 

La maison est ancienne. Du genre trés banale. Pour y entrer, nous devons passer par l' arrière. Puis grimper quelques marches en béton qui nous mènent dans un petit vestibule. La personne qui à composée le 17 est là, elle nous indique ou se trouve le cadavre. Apres le vestibule, nous traversons une cuisine aussi vieillotte que le reste. Le silence est total, si ce n' est le craquement du bois sous nos rangers. De là, j' aperçois une traînée de sang dans la pièce voisine. Puis des jambes immobiles. Sans hésiter, j' entre dans le salon. Mon sang ne fait qu' un tour. Chaque cadavre est différent, mais pour celui là, il allait falloir prévenir au plus vite les personnes compétentes dans ce genre de situation, dont l' Officier de Police Judiciaire, un medecin légiste. Surtout, ne toucher à rien. Je demande à l' infirmière si elle à déplacer quoi que ce soit, ce à quoi elle répond par la négative. La traînée de sang démarre environ quarante centimètres derrière les pieds du mort. Celui ci est sur le dos, les bras de chaque coté du corps. Son visage est dissimulé par un pull. Une paire de lunettes est posée à coté du corps, soigneusement pliée. 
Tout semble indiquer une mort suspecte, c' est à dire, tout sauf une mort naturelle ou un accident. Nous invitons l' infirmière à attendre dehors.

Dans un silence pesant, seul parviens à mes oreilles le son de mon étui d' ou j' extrait mon arme. Nous entreprenons de fouiller chaque pièce, chaque recoin... Nous prenons notre temps pour sécuriser les lieux. Je me retrouve donc dans une chambre, seul. Le papier peint est ancien, de vieilles lampes de chevet et quelques photos noir et blancs pour seul décor. "Vieux", "glauque", c' est ce que m' inspire cette pièce. Il fait sombre. Une pensée parasite me traverse l' esprit: "Pourquoi faut il que les gens ferment toujours leur foutus volets?!".  Je tiens mon arme à bout de bras, légèrement inclinée vers le sol. A cet instant je suis plutot tendu. Je sens mes nerfs à vif, mais paradoxalement cet état me rend plus attentif à l' environnement qui m' entoure. Je suis tout à fait concentré sur chaque bruit, chaque ombre qui pourrait etre le résultat d' un signe de vie. Au fond de la chambre, j' aperçois une grande armoire en bois. Je pivote vivement pour me rendre compte qu' il n' y a personne derrière le battant de la porte. Aussitot, je reprends ma position initiale. Je m' abaisse légèrement pour regarder sous le lit. Je plisse les yeux, mais je ne vois rien là non plus. Mon regard se pose sur la droite ainsi que le bout de mon canon, vers ce grand meuble. Rien. Pareil à gauche vers les rideaux. Le seul mystère qui demeure dans cette pièce est la fameuse armoire. Je m' approche, tout doucement. Je peux entendre les bruits de pas et les chuchotements de mes collègues dans les pièces voisines. Mais je les chasse de mon esprit. Je pivote légèrement mon visage de coté afin de perçevoir un son, un souffle qui trahirait une presence dans cette armoire. Je décide de remettre mon arme dans mon étui, tout doucement. Avec ma main gantée je saisis la poignée. Je sens mon coeur battre un tout petit peu plus. Mais sans attendre qu' une quelconque image  me vienne à l' esprit j' ouvre la porte à la volée. Aussitot, des bras balants, remuent imperceptiblement, en meme temps qu' une odeur "de vieux" agresse mes narines. Des chemises, des pantalons, des chaussures... Mais personne de vivant la dedans. Déçu et soulagé à la fois, je quitte cette pièce semblant venir tout droit des "contes de la crypte"! 

Tout l' étage est passé au crible. Tout, sauf le grenier. Rien qu' au  mot "grenier" me viennent à l' esprit les pires scènes de films d' horreur dont je suis fan. Je suis tenté de me maudire de toujours penser à des choses aussi "rassurantes" dans ce genre de situation. Qui sait ce que l' on peut découvrir la haut? Un cadavre décomposé rampant vers la trappe, des bruits inquiétants, des grognements, des bruits de succion...? "La ferme Némésis!". Le seul cadavre ici se trouve dans la pièce juste en dessous. Et celui ci est bien raide. Alors nous fouillons ce grenier sombre, avec ses objets datant d' un autre temps, ses toiles d' araignée... Mais nous ne trouvons rien. Que dalle. Alors nous descendons, d' un pas pressant. 

Quelques minutes plus tard, deux femmes âgées entrent dans la maison. Elles se présentent comme étant les soeurs de la victime. Nous les invitons à rester à l' entrée de la maison, puis nous discutons avec elles. Nous leurs posons des questions, s' il vivait seul, s' il recevait de la visite, s' il était en bonne santé... Ce à quoi elles nous répondent que la victime recevait bien de la visite d' un jeune homme handicapé qui venait lui apporter chaque jour son pain. Le vieil homme avait subis de nombreuses interventions chirurgicales, dont une à la gorge suite à un cancer. Depuis quelques mois, il ne parvenait plus à se nourrir correctement. Notre discussion à peine achevée, l' OPJ suivis du medecin légiste et du collègue de l' identité judiciaire font leur entrée. Nous leur fournissons aussitôt tous les renseignements que nous avons pus trouver, dont la conversation précédente avec les deux femmes.

Le medecin légiste, masque sur le visage, s' approche du mort. Après quelques instants d' observation, il retire le pull qui cachait le visage de la victime. Celle ci est maigre, trés maigre. C
' est un vieil homme d' environ 80 ans, les yeux ouverts, vitreux, rivés vers le plafond d' un regard éternel. Les yeux des personnes décédées m' ont toujours intrigué. On y voit rien, pas une expression, aucun vestige de vie... Ni souffrance, ni joie, ni colère... Ce regard est tout simplement vide.

Le medecin légiste retourne le cadavre et met en évidence une plaie béante sur le crane, comme une sorte de ligne. Profonde. De la matière noire dégouline de cette fameuse ligne. Nous nous mettons donc à  échafauder des théories, afin de tenter de comprendre les circonstances du drame. Nous nous mettons d' accord sur un point concret. La victime à été frappée par un objet inconnu à l' arrière du crane. Celle ci s' est retrouvée à terre, d' ou elle à ramper sur quelques mètres, avant de mourir des suites de cette plaie profonde. Ce qui cloche c' est ce fameux pull posé sur ce visage, comme si l' on voulait "éviter" le regard du mort. Puis les lunettes sont posées là, tout près et parfaitement pliées. Ce serait une sorte de marque de "respect" venant de l' agresseur. Tout cela nous semble bien flou. Moi et deux membres de mon équipage quittons la maison afin d' interroger le voisinage, s' ils ont entendu quelque chose, un cri, un bruit suspect. Mais rien. Pas un bruit n' a filtré de la maison de la victime. Nous nous rendons dans un bar à proximité, afin de voir si des gens connaîtraient l' identité du jeune homme handicapé qui rendait si souvent visite au vieil homme. Notre enquête de voisinage à finis par payer. En effet, ici on connaissait le jeune homme. Celui ci était certes un peu "simplet" mais pas méchant du tout. On nous donna même son adresse, après quoi nous rentrons au domicile de la victime.

En arrivant, le collègue de l' identité judiciaire prend des photos. Pendant ce temps, nous discutons avec la famille du vieil homme. Les deux femmes n' ont pas l' air extrêmement affectées. Mais il vaut mieux ne pas se fier à ce genre d' impression, chaque personne réagis différemment, on ne sait jamais ce que les gens ont dans la tete. Alors vaut mieux éviter les blagues vaseuses......

Peu avant l' arrivée des pompes funèbres, nous découvrons un détail crucial. Le genre de détail qui enlève toute suspicion de meurtre ou de crime. Il s' agit en effet d' une trace de sang séché sur l' arrête en ferraille d' un meuble, contre le mur derrière le cadavre.

Le lendemain, le jeune homme est convoqué. Celui ci déclare être entré chez la victime afin de lui apporter le pain. Le vieil homme était étendu là, mort, au milieu du salon. Le jeune homme nous indique avoir été extrêmement effrayé et ne peut nous expliquer pourquoi il a posé ce pull sur le visage du mort. Puis il à trouvé les lunettes par terre, qu' il à replié pres du cadavre. Il semblait vraiment touché. Plus tard, l' enquete à déterminé que ne pouvant se nourrir convenablement, le vieil homme aurait fait un malaise. Tombant à la renverse, il s' est fendu le crane sur cette arrete en ferraille. Celui ci n' est pas mort sur le coup. Il a rampé, esperant avoir la force d' appeller du secours sans doute. Le jeune homme à donc été complètement écarté de ce qui n' aura finalement été, qu' un banal accident...
 

 

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Lundi 19 octobre 2009

L' ambiance au sein de ma brigade s' est dégradée, d' un jour à l' autre... Prises de tête, réflexions par ci par là, points de vue différents... Ma mère qui fait deux malaises cardiaques en l' espace de deux semaines à peine... J' avais besoin de "raccrocher" quelques temps et c' est ce que j' ai fais. J' ai posé trois semaines de congé afin de retrouver ma famille, afin de retrouver un peu de calme pour me ressourcer...


C' est donc  ainsi que je me  retrouve  dans ce TGV en direction du fin fond de la France. Je pense à mes collègues, au boulot, à mon amie avec qui je me suis remis, à ma mère... Le train démarre enfin, le paysage défile...
Je regarde autour de moi, j' observe les voyageurs, je m' occupe l' esprit comme je  peux en espérant que le trajet ne soit pas trop long.  Je m' efforce de ne pas penser aux affaires que je manque, je me fais violence pour laisser ma peau de flic dans mon vestiaire... je regarde ce jeune de mon âge, les écouteurs vissés sur les oreilles, habillé en baggy- casquette, un genou replié sous sa jambe...  Je finis par me résoudre. Je ne serais jamais tout à fait comme les autres. Parce que quand je sors en boite ce n' est que pour aller en soirée police, parce que mes amis sont des collègues, parce qu' au lieu de penser aux dernières consoles de jeux à la mode moi je suis obsédé par le dernier type recherché, parce qu' au lieu d' aller jouer au foot avec mes amis je cours après des dealers ou des agresseurs divers... 

Les kilomètres se déroulent donc ainsi, avec un pauvre Némésis pensif :) je sais trés bien que je ne pourrais pas vivre sans ce boulot, il est donc inutile que je me lamente d' avantage. C' est  sur cette réflexion que j' entreprends donc de lire ce bouquin que j' ai acheté au relai de la gare Montparnasse, un superbe roman policier de christophe grangé!

Environ quatre heures plus tard, j' arrive enfin à destination. Sur le quai de la gare, je retrouve ma mère, ce petit bout de femme avec sa crinière rousse, son caractère rustre et son humour sans borne. Son sourire illumine son visage et mon coeur... Paris me semble loin, trés loin soudain :) Nous montons dans sa voiture, ou nous discutons sans nous arrêter, à la limite de se couper la parole toutes les deux minutes! Une demi heure plus tard elle gare son véhicule près de sa maison. A peine ai je posé un pied à terre que l' air marin assaille mes narines. Cette odeur de sel m' avait manqué! Les jours défilent donc,  je fais de longues ballades sur la plage avec ma chienne Tosca, je fais quelques travaux dans la maison, nous mangeons avec les amis de ma mère... Je revois mon frère, ma belle soeur, mon neveu... Ici personne n' a envie de me tabasser, on ne me regarde pas en crachant par terre, tout le monde me sourit... Je me sens tellement bien!

Deux semaines se sont écoulées depuis mon départ de Paris. Ma copine m' a rejoint. Le temps s' écoule paisiblement, sans aucune prise de tete, sans aucune pression... Malgré tout, je ne peux m' empêcher de regarder du coin de l' oeil le jour de mon retour qui est programmé pour Samedi prochain. Je vais trés bientôt retrouver mes collègues, mon uniforme qui m' attend bien au chaud dans mon vestiaire, ainsi que tous ceux que je ne connais pas mais qui font partie de mon quotidien... Je profite donc à fond de ces vacances, je savoure chaque instant avec ma famille, afin de remplir mon coeur de ces petits moments de bonheur, afin de revenir, pret à affronter la réalité du terrain!

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Dimanche 20 septembre 2009
Je suis assis sur mon lit, dans mon nouveau chez moi. Dans cette pièce de 17 mètres carré située au 5ème étage, les murs sont blancs. La déco est sommaire: ma toute première cible accrochée prés de mon armoire, deux bougies odorantes au dessus de mon lit, mes bouquins cachés dans ma table de nuit, ma veste POLICE posée sur  la chaise du coin qui me sert de bureau...

Je viens tout juste d' acheter un nouveau pommeau de douche pour remplacer celui bien abîmé de cette chambre d' étudiant. Quelques casseroles, une nouvelle poubelle et tout ce qui sert au quotidien, un sceau, une serpillière, un balai, etc... C' est un peu comme un nouveau départ pour moi! Mes collègues me demandent souvent si je ne regrette pas d' être venu vivre en région parisienne. Je leur réponds que non, chaque expérience est pour moi bénéfique car les évènements nouveaux m' enrichissent un peu plus d' avantage. Je contrôle ma vie. Je sais que je peux me lever un jour et dire stop, puis tout quitter... Ce ne serait pas la première fois!

Rien ne me retiens, car la vie est éphémère. Je ne me pose pas de limite. Je savoure chaque rencontre, bonne et mauvaise, j' apprends et retiens de chaque personne qui croise ma route. Je me vois comme un voyageur qui se balade dans cette vie, tel un touriste curieux avide de retenir chaque instant et qui photographe tout ce qu' il croise. La police est ce qu' il m' est arrivé de mieux dans la vie. Ce métier me met à l' épreuve chaque jour, je me sens exister... Mais si ça ne devait pas marcher pour une quelconque raison, je repartirais à zéro, je m' engagerai dans l' armée, la gendarmerie, la légion s' il le fallait... Car je ne peux cesser de courir, courir pour aller toujours de l' avant, courir affronter mes démons... Je suis prêt à  partir à l' autre bout du monde et défier n' importe qui pour arriver à mes fins. Je ne pense pas m' arrêter de foncer, tant que je serais encore en vie...

Tout comme je ne compte pas cesser d' écrire sur ce blog! Coucher mon quotidien par écrit me permet de laisser en quelque sorte une empreinte de mon existence dans cette vie. Écrire me permets de soulager ma conscience, de me relire et de me remettre en question. Je pense que l' on apprends beaucoup de soit même en se relisant. Et les messages que vous laissez me permettent de voir des avis et des réflexions différentes sur certains sujets que j' aborde. Mon blog est dérisoire à coté de certains de mes collègues et j' en ai pleinement conscience! Mais peut m' importe, je ne cherche pas à obtenir un prix littéraire! Je veux juste partager ce que je vis, ni plus, ni moins.

Dans mon dernier article, je mentionnait un pompier volontaire qui avait franchis ce fameux mur... Malheureusement celui-ci s' est fait violemment agressé par trois types qui en avaient après sa copine. Si jamais tu lis ces lignes cher pompier, je tiens à te dire bon courage, nous avons interpellé tes agresseurs comme tu le sais, sache que ceux-ci ont été punis à la hauteur de leurs actes. J' espère que tu ne garderas pas de séquelles de ton agression... Alors je te dis à trés bientôt, sur le terrain!!
 
Par NEMESIS - Communauté : Les chroniques de la meute
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Vendredi 11 septembre 2009
Cet après midi là, je me trouve les bras croisés face à un mur de près de deux mètres. Je suis en pleine réflexion sur la manière idéale de grimper quand soudain un jeune homme décide de froisser mon ego en franchissant ce foutu rempart trés habilement et avec beaucoup de souplesse... Trop fort ces pompiers!

Derrière, se trouve une maison avec à l' intérieur un autre jeune homme qui à envoyé un sms à sa mère pour lui faire part de ses intentions de mettre fin à ses jours. Des que nous mettons enfin les pieds sur le gazon, deux molosses aboient furieusement. Mes collègues et moi avons déjà l' arme au poing, mais ces deux monstres qui s' avancent vers nous sont en réalité des teckels à poil court! Les deux peluches remuent la queue. Je les trouve super mignons! Mais la raison pour laquelle nous progressons sur cette pelouse arme pointée vers le bas, c' est parce que nous n' avons aucun détail sur la manière dont la personne compte mettre fin à ses jours. Va- t- il se tirer une cartouche après avoir emporté une ou deux personnes avec lui? ( les gens n' aiment pas mourrir seuls). Ma réponse est claire: j' ai l' intention de vivre encore un peu et si mes mots ne suffisent pas à calmer l' individu, mon dernier mot ne dépassera pas 9mm. A moins bien sur qu' il ai décidé de ne me laisser vraiment aucune chance en ouvrant le gaz! 

Je me plaque sur un coté de la porte d' entrée, mon collègue de l' autre. Je tend l' oreille. Je hume un maximum d' air afin de détecter la moindre odeur de gaz, je croise le regard d' un autre collègue et lui fais un signe négatif de la tete... POLICE! Y A QUELQU UN? OUVREZ  LA PORTE!

Silence complet. Je ne capte à travers la porte aucun bruit de pas, aucun cliquetis ni respiration saccadée. Sauf la mienne que je veux profonde et calme. Je sers un peu plus la crosse de mon arme. Mon collègue tend la main vers la poignée. La porte n' est pas verrouillée. Mon collègue l' ouvre, tout doucement . Mes yeux font des va et vient entre les fenêtres au dessus de nous. Je suis légèrement courbé. Les pompiers sont à couvert, derrière nous en cas de besoin et pour ne pas prendre une balle perdue.

Un premier collègue, que je nommerai Rick est le premier à entrer dans le vestibule. Puis moi, suivis d' une autre collègue, Diane. Nos pas sont lents. Mais avec mon 1m80 et mes 85 kg, plus le poids de mes rangers, de mon gilet pare balle et de mon ceinturon, le parquet craque légèrement sous mes pas. Je suis donc une cible repérable, un danger pour mes collègues. Je ne dois pas rester en place. Pendant que mes collègues se dirigent vers la cuisine, je fais le tour par le salon. La maison est spacieuse, tout ce qu' il y a de plus moderne avec un bel écran plat, un ordinateur sur un bureau, des livres rangés soigneusement sur une armoire. Puis des photos accrochées au mur. Un jeune homme et une fille sourient. Ils ont l' air heureux. Mais au delà de cette image de bonheur, je ne vois que le visage d' un agresseur potentiel. Je détail toute la pièce du regard. J' avance d' un pas que je veux léger et pas trop lent. J' enregistre tout ce qui se trouve dans la pièce, chaque recoin de meuble, ce rideau derrière lequel quelqu' un pourrait se cacher, les couteaux accrochés au mur. Mon arme est pointée en dessous de ma ligne d' horizon. Je fouille tout du regard le plus rapidement possible. Cette fameuse drogue qui parcourt mes veines, l' adrénaline, ouvre mes sens. J' entends le moindre bruit, le moindre craquement du parquet. Je cherche un reflet dans un miroir, qui pourrait trahir une présence hostile. Je suis prêt à bondir, ou à tirer s' il le faut. 

Je retrouve Diane et Rick, deux minutes se sont écoulées depuis que nous avons ouvert la porte d' entrée. Mon collègue tente une approche. MONSIEUR, C EST LA POLICE, ON VEUT JUSTE SAVOIR SI VOUS ALLEZ BIEN! REPONDEZ NOUS S IL VOUS PLAIT!  Pas un pet de lapin, que dalle. Nous fonçons dans les escaliers pour atteindre l' étage. Là, pas le droit à l' erreur. Je suis dans la salle de bain. Je tire le rideau de douche et crie soudain "RAS"!! Ravis de ne pas avoir trouvé de cadavre ensanglanté dans cette baignoire blanche et brillante!

Je n' ai pas le temps de savourer mon soulagement quand j' entend la voix de rick qui hurle: UN HOMME A TERRE!! UN HOMME A TERRE! VITE, LES POMPIERS!!  Pendant que j' entre dans la chambre ou se trouve le jeune homme inanimé, je perçoit les pas précipités des soldats du feu qui nous rejoignent. La victime est là. Bien. Mais la maison n' est pas sécurisée. Je continue avec Diane l' exploration des lieux. Une autre chambre. Négatif. Puis une autre. Je sens Dyane tendue. Moi, ça va. Je reste sur mes gardes, mais je suis plus détendu. Mon seul agresseur potentiel est face contre terre dans la pièce d' à coté.Mais on ne peut jamais prévoir la suite des évènements, alors on reste sur nos gardes.. Dyane me montre du doigt un placard dans le fond de la pièce. Les volets sont légèrement tirés. 

Je m' avance vers cette porte noire. Le meuble est en fait encastré dans le mur. Il n' y à aucune poignée à la place de laquelle se trouve un petit trou. Ma collègue est plaquée sur un coté de la porte, moi de l' autre. D' un regard je balaie la chambre, sous le lit, vers le rideau. Rien. Je tends l' oreille vers l' intérieur de l' armoire à la recherche d' un souffle, d' un bruit. Toujours rien. Je regarde ma collègue et lui souffle: "range ton arme". Je fais de même, puis tend mon index vers le petit trou dans la porte de l' armoire. Je le rentre timidement, sur mes gardes, puis soudain mon visage se décompose. Mon corps se courbe soudainement puis je lâche un cri étouffé. Je vois du coin de l' oeil ma collègue faire un bond, le visage déformé par la panique. Puis soudain, involontairement  je me plie en deux avant d' éclater de rire, essuyant aussitôt une pluie d' insulte!


La maison à présent sécurisée, je me dirige vers la victime. Le jeune homme d' origine asiatique, est en slip. Il y a du sang partout autour de son visage ainsi que sur le meuble tv à coté. Le suicidé à avalé des médicaments, avant de se pendre. Au moment ou il à perdu connaissance, la ceinture à lacher et il s' est "mangé" un coin de meuble en pleine bouche. Le jeune homme est inconscient. Je fouille la chambre du regard, je vois cet écran plat tout simplement immense, avec des dvd pornos posés juste à coté. La couette est en bordel, des objets brisés. Le suicidé à visiblement agit sous le coup de la fureur. Sa copine venant de le quitter pour un autre  après plusieurs années passés ensemble, je pourrais presque comprendre son geste. Ou pas.

Rick prévient par radio l' Officier de Police Judiciaire, qui préviendra à son tour la maman. Je descends au rez de chaussée, pour faire de la place au samu qui vient d arriver et pour à l' occasion empêcher la mère du jeune homme de monter tout de suite et d' assister à la scène. En attendant, je flâne donc dans le salon, accompagné des deux teckels à poil court qui remuent toujours leur petite queue noire. Je scrute les photos accrochées au mur. Le chinois avec sa copine. Le chinois avec un teckel. Le chinois avec sa famille. Je le regarde, j' observe son sourire radieux, pendant que les voix des pompiers parviennent jusqu' à mes oreilles: "le jeune homme est inconscient, il ne réagit toujours pas". Mon regard se pose sur les deux peluches inconscientes de ce qui se trame, puis je regarde à nouveau le visage radieux du chinois. Après le vide sidéral, j' en viens à éprouver de l' empathie pour le jeune homme. Un voile de tristesse vient troubler mon entrain de la journée, et je me mets à espérer qu' il s' en sorte. 


Les pompiers sanglent le jeune homme homme sur un brancard et le descendent au rez de chaussée, vers le véhicule du samu. Je fais un adieu aux deux peluches. Je m' abaisse, leur fais un bref câlin, un bisou au plus entreprenant, puis m' en vais. Heureux d' avoir partagé un petit moment de tendresse à l' abri des regards.
La victime est à présent dans le véhicule, quand je vois soudain une dame s' approcher, la maman du jeune homme. Celle ci est silencieuse, sous le choc. Je vois à son regard qu' elle n' à pas l' air de savoir quoi ressentir, à quelle émotion se vouer. Rick tente de dialoguer avec elle. Je fais le point, intérieurement, quand une jeune fille approche. Je la reconnais immédiatement. L' ex amie du suicidé. Ses traits sont déformés par un chagrin sincère et des larmes qui semblent ne plus vouloir s' arrêter. Je lui explique d' une voix blanche ce qu' il vient d' arriver à son ami. Elle court dans l' ambulance pour retrouver le jeune homme. Je tourne le dos à cette scène. Les yeux me piquent soudain. Sans doute des restes de lacrymogène d' hier.... 

Toujours est il que je ne peux m' empêcher de me mettre à leur place à tout les deux. Je franchis dangereusement le seuil de la compassion, car mon couple est lui aussi en péril depuis quelques temps. Je me dis que survivre à la mort de la personne que l' on à aimé doit être insupportable, invivable. Et je ne saurais jamais si celui ci à survécu.

Entre cet après midi là et aujourd' hui, quelques semaines seulement se sont écoulées (problèmes de pc!) et je me suis séparé de ma copine. J' ai trouvé une sorte de chambre d' étudiant non loin du commissariat. J' emménage aujourd' hui!! Mais ne vous en faites pas lol, Némésis va trés bien et est prêt à reprendre du service!

 
Par NEMESIS - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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